Postulat


L'homme est arrivé sur Mars.
Le programme H.O.M (Human On Mars), ayant pour but d'envoyer une colonie humaine sur la planète Mars, est une réussite. Une petite colonie a réussi à s'implanter sur la planète rouge, tentant, sous couvert de missions scientifiques malgré tout réelles, de répondre à la question de l'énergie sur terre. Cependant, un événement inconnu des colons a coupé Mars de la Terre et les missions, essentiellement de ravitaillement en vivres et en matériels, ont dû être annulées. La colonie se trouve donc coupée de la Terre et doit vivre en totale autonomie, sans espoir, pour l'instant, de retour. D'astronautes, les colons sont devenus Martiens.
Leurs missions, scientifiques et énergétiques, sont de facto caduques. Il ne leur reste plus qu'à vivre, ici, comme jadis sur la Terre.

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Terre-kaguya2.jpg
Certains disent ici que jadis une terre
Existait qui avait, paraît-il, tout pour plaire.
Elle était parcourue d’une lande aux cent fleurs
Où l’arc-en-ciel avait renversé ses couleurs.

Ailleurs, c’était des plaines sillonnées de fleuves
Sinueux, où la faune comme autant de rêves
abondait aussi loin que portait le regard :
Du serpent qui sifflait sur sa proie sans égard

Aux amples éléphants barrissant bravement.
Des félins merveilleux qui feulaient fièrement
Aux oiseaux chantonnant de l’aube au crépuscule :
Tout avait la couleur d’un bonheur majuscule.

Dans ses mers insondables dormaient les sirènes,
Dans ses forêts exquises, des elfes taquins ;
Dans ses déserts somptueux drapés de sable fin
Perçaient des oasis fraîches et toujours pleines.

Mais le ciel, sur nos os, un jour s’est effondré,
Le plancher, sous nos pieds meurtris, s’est dérobé
Et c’en fut ainsi fait de la blanche Atlantide,
Nous venions de briser notre cariatide.

Afin de nous soustraire à sa simple rudesse
Nous avons abusé de ses mille richesses ;
Comme si nous avions sur elle quelque droit
Nous l’avons immolée pour ne plus avoir froid.

Depuis que nous avons utilisé la roue
Nous avons pris son or pour faire de la boue.
Ce n’est plus ce jardin, immense et éternel,
Mais une terre en friche, un désert sans pareil.

Cette terre n’est pas une image fortuite,
Elle nous a porté comme un esclave usé ;
L’eldorado n’est plus, nous l’avons épuisé
Et nous avons créé son mythe dans la fuite.

Andréa, biologiste
En ballade à bord du rover 02
Cherchant de rares étoiles qui percent dans le ciel mauve

Jeudi 6 décembre 2007
- Publié dans : Hémisphère Droit - Par

Erik Irtisen


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